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Le monde va mieux

Renaud Fulconis - Le monde va mieux

Le monde va bien mieux qu’on ne le dit !

Je suis convaincu que si les enjeux, pour certains majeurs auxquels nous devons sérieusement nous atteler sont nombreux, et certains particulièrement préoccupants, nous ne vivons pas moins à l’époque la plus favorable de l’histoire de l’humanité.

Nous avons la liberté de croire ce que nous voulons, comme nous pouvons choisir, volontairement ou pas, de ne rien savoir, de ne rien comprendre. Nous avons aussi la liberté de ne pas souhaiter voir la réalité. Parfois on ne peut simplement pas, parce qu’elle contredit nos croyances et notre propre carte du monde. Notre réalité et nos appréciations sont alimentées par nos peurs. Comme le détaille le biais de disponibilité, notre cerveau privilégie les informations directement disponibles. Ainsi, les plus récentes, les plus chargées d’émotions, les plus spectaculaires, lui parviennent bien plus facilement.

Nous avons adopté la capacité de transformer ce qui est incertain ou inconnu, en quelque chose d’assurément vrai. Nous pouvons passer des heures à argumenter avec véhémence pour défendre nos positions sur bien des sujets sur lesquels finalement, nous ne connaissons rien, ce qu’atteste l’effet Dunning-Kruger. Nous nous enfonçons dans le déni, nos émotions nous y poussent, et nous affirmons et revendiquons sans toujours simplement savoir vraiment de quoi l’on parle.

Comme le disait si justement Sénèque : « Nous souffrons plus de l’imagination que de la réalité ». Car visualiser les pires scénarios nous empêche d’agir pour surmonter nos peurs. Et la boucle est bouclée.

Alors oui, certains des enjeux sont majeurs, comme le réchauffement climatique et les atteintes à la biodiversité. Pourtant, sur de bien nombreux aspects, le monde va aussi mieux, beaucoup mieux. Regarder les faits avec davantage d’objectivité, vérifier les sources et encore nous confronter à celles et ceux qui pensent différemment ne peut que nous permettre d’être plus en accord avec la réalité, et le cas échéant, de nous inquiéter et de nous révolter à juste titre.  Ma propre expérience de la vie, de la presque centaine de pays que j’ai visité jusque-là, ou encore mon travail au sein de l’organisation de conservation des espèces que j’ai créé n’ont fait que confirmer ce qu’affirmait haut et fort Hans Rosling, et que répète Steven Pinker : les choses sont rarement blanches ou noires, la réalité le plus souvent se trouve entre les deux.

Car à quoi bon lutter si c’est perdu d’avance ?

Une vision plus objective de la réalité nous incite, il me semble, bien davantage à garder l’espoir nécessaire à la poursuite de l’action. Et de l’action, des actes, mais aussi de la solidarité, du respect, de la bienveillance, nous en avons sérieusement besoin pour faire face aux enjeux dressés devant nous !