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L’empathie

Renaud Fulconis - L’empathie

Avoir de l’empathie est indissociable d’une bonne estime de soi.

Avoir de l’empathie, c’est pouvoir se mettre à la place de l’autre et ressentir ce que l’autre ressent.

Quels sont ses bénéfices ?

En avoir, permet de rendre nos ressentis plus légers, de nous faire une vie plus belle et plus douce. Toutes et tous, nous pouvons avoir des difficultés dans nos relations aux autres. Avec notre manager au bureau, un collègue, notre conjoint(e), un ami, un enfant, il arrive que les actes ou les paroles d’un autre nous conduisent à juger, parfois durement. Remplacer ce jugement par de l’empathie ne veut pas dire que l’on donne à l’autre raison. Cela signifie que malgré un possible désaccord, on accepte d’entendre et pouvons comprendre son point de vue.

L’empathie, comme les autres points développés dans les articles précédents, est un solide moyen de développer son estime de soi. En considérant que l’autre a ses raisons, même si on ne les partage pas, on s’épargne des ruminations dont certain(e)s d’entre nous se sont fait une spécialité. Il en est de même quand on juge sans savoir.

Se faire une idée, une opinion, un avis sans l’avoir fait valider conduit le plus souvent à se flageller pour rien. Eviter les avis et jugements sans savoir nous épargne de l’énergie, du temps et souvent, un stress considérable. Cela permet de surcroit de préserver la qualité de nos relations.

Si je suis capable d’être à l’écoute des émotions des autres et qu’en parallèle, j’exprime mon éventuel désaccord avec bienveillance, je renforce mon estime de soi. C’est faire preuve d’empathie à mon égard. Un moyen de développer l’image que j’ai de moi comme celle que je renvoie aux autres. Un moyen de me sentir en accord avec moi-même.

Les bénéfices de l’empathie ne sont plus à prouver et pourtant, il semblerait que nous soyons de moins en moins enclins à la pratiquer. En tout cas moins que nos parents et nos grands-parents. La modification des rapports humains avec l’explosion des réseaux sociaux y a peut-être sa part de responsabilité.


Voici quelques pistes pour développer votre empathie :

Commencer par soi-même

À plusieurs reprises je l’ai mentionné dans les articles précédents. Pour être bien avec les autres, il faut commencer par prendre soin de soi. En prenant soin de l’image que l’on a de soi, et en acceptant ce que l’on est avec nos imperfections, on fait preuve d’empathie à son égard. Il devient alors plus facile d’être attentif aux autres sans rien attendre en retour.

Prendre soin de soi facilite l’empathie pour les autres et contribue au développement de l’estime de soi.

S’intéresser aux autres

Porter à ceux qui composent notre environnement une attention désintéressée, est une marque de saine empathie. Il n’en est pas de même quand dans la peau d’un sauveur, on considère que l’on doit agir tant que l’autre ne va pas comme on le voudrait. Vouloir résoudre les problèmes de celles et ceux qui n’ont rien demandé n’est pas une marque d’empathie, c’est le moyen de combler un manque. Le besoin que l’autre ait besoin de nous. C’est aussi satisfaire un besoin de reconnaissance et cela se nomme le syndrome du sauveur.

S’intéresser aux autres cependant est souvent difficile, car cela signifie faire totalement abstraction de soi. En pratiquant l’écoute bienveillante qui consiste à laisser l’autre s’exprimer sans ramener les choses à soi, reformuler, on développe sa capacité pour l’empathie. On développe par la même occasion son estime de soi. Enfin, n’oubliez pas que pour être écouté, il faut commencer par savoir écouter soi-même. On décroche vite de ceux qui ne pose jamais de questions.

Ne plus juger

Aussi, avoir de l’empathie signifie laisser de côté le moindre de ses préjugés. Un exercice particulièrement difficile. Ainsi, la plupart des jugements que nous émettons sont basés sur nos ressentis, sur nos émotions, et plus rarement sur des éléments factuels. Et quand bien même, nous sommes tous différents, et prendre l’autre tel qu’il est est le meilleur moyen de faire preuve d’empathie. Et même si cela nous est désagréable.

Accepter l’autre 
Comme évoqué plus haut, prendre l’autre tel qu’il est développe notre empathie. Nos convictions peuvent être fortement ancrées et notre impression de détenir la raison très forte. Portant, il est probable que celui ou celle à qui l’on s’adresse pense la même chose à son sujet. Se nourrir de la différence fait grandir, et contribue au développement de l’empathie. Ecouter et accepter celui ou celle qui pense différemment, vit différemment, s’habille différemment ou s’exprime différemment est la clef. Accepter que l’autre ait une autre carte du monde que la sienne simplifie la vie, la rend plus légère et fait du bien. En agissant ainsi, vous allez accroitre le nombre de vos connaissances et prendre soin de votre estime de soi.

Des limites à l’empathie ?

En 2016, Paul Bloom, psychologue et chercheur de l’Université de Yale au Etats-Unis, publiait une thèse polémique : « Against empathy » – « Contre l’empathie ».

Il y met en lumière que l’empathie s’exprime bien davantage envers des personnes qui nous ressemblent, dont la couleur de peau est la même que la nôtre, qui habitent près de nous ou dont le physique est plutôt attirant. Il ajoute que les personnes racistes par exemple, démontrent d’une forte capacité à l’empathie, envers d’autres personnes racistes, car appartenant à ce qui est à leurs yeux une communauté dont les individus partagent la même identité.

C’est ce qui expliquerait pourquoi nous avons tendance à nous précipiter vers une personne allongée sur le sol et habillée dans un style proche du nôtre, alors que nous passons sans le voir près de ce qui nous semble être un sans abri (peut-être en détresse) dans une position similaire. C’est semble t’il d’autant plus vrai si ce sans abri apparent a près de lui, une bouteille d’alcool.

En allant plus loin, Paul Bloom démontre que notre empathie envers des personnes qui nous ressemblent, s’atténue ou disparaît si nous les considérons responsables de problèmes qu’ils rencontrent. L’empathie, puisqu’elle permet de se mettre à la place de l’autre et à le comprendre, servirait aussi les manipulateurs, les harceleurs, mais aussi et ce serait moins grave, les séducteurs ou les commerciaux.

Son travail est présenté plus en détails dans le numéro 135 (novembre 2019) de Philosophie magazine et dans cette vidéo (en Anglais).

Un travail fondamental dans mes séances de coaching.

Bien sûr, l’empathie est abordée dans chacune de mes interventions de coach. Que ce soit avec des particuliers en coaching de vie, dans le monde de l’entreprise avec la prise de parole en public ou auprès de sportifs de haut niveau en coaching mental, développer son empathie est un élément majeur pour nourrir son estime de soi. 

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Une vidéo :
L’empathie, tout est dit. A regarder en famille, même avec de jeunes enfants
Le hérisson


Suggestion de lecture :

Xavier Cornette de St-Cyr
L’empathie, un chemin vers la bienveillance
Jouvence

Frans de Waal
L’âge de l’empathie
Odile Jacob – 2011

Philosophie Magazine
Peut-on se mettre à la place des autres ?
Numéro 135, Novembre 2019

France Culture
Comprendre l’empathie
Août 2017

Cerveau et psycho
Les pièges de l’empathie
Numéro 98, Avril 2018

Cerveau et psycho
La force de la non violence
Numéro 95, Janvier 2018

Paul Bloom
Is empathy overrated
Ideas Ted.com, Mars 2017

À lire également, mes autres articles sur l’estime de soi:
Se connaître
S’accepter
Être honnête avec soi-même
Agir
Faire taire le critique intérieur
Accepter l’idée de l’échec
S’affirmer

Je ne suis pas responsable des émotions des autres
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