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S’affirmer !

Renaud Fulconis - S’affirmer !

Pour développer l’estime de soi, s’affirmer est essentiel.

S’affirmer, c’est pouvoir dire ce que l’on pense, ce que l’on ressent et ce que l’on veut sans avoir le coeur qui bat la chamade, tout en prenant notre interlocuteur en considération. Un objectif ambitieux pour beaucoup, mais pas insurmontable.

Si ce n’est déjà fait, je vous conseille de lire les autres articles sur l’estime de soi dont vous trouverez les liens plus bas. Renforcer son estime de soi est un engagement à multiple facettes, et l’affirmation de soi est l’une d’elles. Elle est en tout cas incontournable, tant il est impossible d’avoir une bonne estime de soi si l’on est incapable de s’affirmer.

D’où vient la difficulté à s’affirmer ?

Il suffit généralement de nous plonger dans l’enfance pour comprendre que l’attitude parentale peut avoir joué en notre défaveur. La psychothérapeute Christelle Petitcollin, attribue trois clés à l’incapacité à s’affirmer : le doute, la peur et la culpabilité.

Le doute et la peur naissent alors qu’une ou plusieurs personnes présentes dans l’environnement de l’enfant, réagissent d’une manière inappropriée à ses premières tentatives normales d’affirmation de soi. Pouvoir exprimer ses émotions, dire non, et comprendre où sont les limites sont des éléments essentiels pour grandir en pouvant s’affirmer, et contribuant au développement de l’estime de soi. Quand on est enfant, nos parents ont à nos yeux toujours raison. Cette croyance est essentielle pour se construire, mais bien entendu limitante quand elle se base sur une conception inappropriée de la réalité et des limites. Quand un parent lui-même peine à dire non, n’ose pas dire les choses et réagit violemment à une tentative d’affirmation de soi de l’enfant, il renforce chez lui le doute.

C’est là que naît alors la peur de déplaire, la peur de blesser, la peur d’être rejeté(e). La culpabilité trouve son origine quand une émotion de l’enfant est rejetée, comme quand la petite fille en colère dérange son père qui doit se reposer. Exprimer ce que l’on ressent et s’affirmer devient alors punissable et fait naître la culpabilité et la honte.

Christophe André et François Lelord expliquent qu’une impossibilité à s’affirmer produit d’autres comportements relationnels :

  • Le comportement inhibé (« paillasson »)  consistant à subir les relations à autrui, sans pour autant exprimer nos désirs. On accepte par contre sans mal les idées et les demandes des autres. C’est là que s’exprime notre incapacité à dire non.
  • Le comportement agressif (« hérisson ») relève d’une forme de spontanéité qui consiste à tenir avant tout compte de ses besoins et de ses idées, et de négliger celles des autres. Lorsque l’interlocuteur résiste et réagit, on peut alors menacer et entrer en conflits.

Dans tous les cas, être confronté(e) à des échecs répétitifs, qu’ils soient personnels ou professionnels, peut conduire à une difficulté à s’affirmer. Perte de confiance en soi et difficulté à s’affirmer sont généralement liées.

Et quand s’affirmer n’a jamais fait partie de son fonctionnement, s’écraser devient une habitude, et changer demande une volonté profonde et du temps.


Voici quelques pistes pour parvenir à vous affirmer :

Agir

Comme je l’explique dans l’article sur le sujet, passer à l’action et ne canaliser son énergie que sur ce qui dépend de nous permet le lâcher prise. Vouloir tout contrôler est impossible, et contre-productif. Le comprendre et se l’approprier change la vie. Une étape fondamentale pour développer ou renforcer l’affirmation et l’estime de soi.

Apprendre à dire non

Si je pense non, je dis non. Un exercice difficile quand on peine à s’affirmer, mais tentez l’expérience, vous verrez le bien que cela fait. Pour cela, commencer par dire ce que vous pensez dans une situation où vous vous seriez habituellement tus. Dites à votre responsable que vous n’êtes pas disponible pour une heure supplémentaire, ou à un ami que vous ne pouvez lui rendre un nouveau service, comme vous le faites peut-être parfois.

Formulez vos demandes, même si elles pourraient déranger

Demandez à passer devant au supermarché si vous n’avez qu’un article, essayez des vêtements avec un vendeur puis partez les mains vides ou encore demandez une réduction pour plusieurs produits achetés.

Lâchez votre téléphone

Vous êtes accro à votre téléphone, passez beaucoup de temps sur les réseau sociaux, répondez à vos messages presque immédiatement ? Et si vous le laissiez un peu de côté ? Pour vous affirmer, faites en sorte d’avoir le contrôle sur votre téléphone, et non l’inverse. Donnez-vous un créneau dans la journée pour regarder vos messages et y répondre. Les autres peuvent attendre, c’est à vous de fixer vos règles, et pensez à retirez les notifications afin de ne pas être tenté. Mettez le temps gagné à profit, voyez vos ami(e)s, en vrai, allez marcher, faites vous plaisir !

Acceptez les compliments

Quand on peine à s’affirmer, recevoir un compliment met à l’aise. Les accepter et simplement remercier est un pas de plus vers la capacité à s’affirmer. Considérez le compliment comme un moment pour vous. ne renvoyez pas de compliment en retour, acceptez et remerciez simplement. Ainsi, entrainez-vous à recevoir également les critiques et répondez d’une manière appropriée si vous trouvez quelles ne sont pas fondées.

Exprimez vos émotions

L’émotion est une réponse physique à un évènement intérieur ou extérieur. Les émotions sont au nombre de quatre : la joie, la peur, la colère et la tristesse. Quand l’une d’elle apparait, acceptez-le, et si vous le pouvez, exprimez la. Contenir une émotion n’est jamais bon, elle ressortira de toutes façons, et d’une manière et à un moment qui a peu de chance d’être approprié. Dire ce que l’on ressent est une manière de s’affirmer.

Il commence à dater, mais le test de Rathus peut vous fournir quelques pistes sur votre degré d’affirmation de soi. Vous le trouverez en ligne, et pouvez obtenir plus d’information sur ce test ici.

Une fois que vous saurez vous affirmer mieux, n’oubliez pas que de parfois choisir de ne pas le faire (pour éviter un conflit par exemple) témoigne d’une bonne estime de soi.

« Plutôt que de tenter d’être heureux, les gens préfèrent souvent avoir raison. »
Christophe André et François Lelord


Un travail fondamental dans mes séances de coaching.


L’affirmation de soi est un fil de conducteur dans bon nombre de mes interventions de coach. Que ce soit avec des particuliers en coaching de vie, dans le monde de l’entreprise avec la prise de parole en public ou auprès de sportifs de haut niveau en coaching mental, pouvoir s’affirmer à sa juste mesure est fondamental. Alors ce sujet est souvent abordé, et le travail effectué permet si nécessaire de développer l’affirmation de soi, tout en contribuant au développement de l’estime de soi. 

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Pour aller plus loin
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Revenez ici régulièrement pour lire la suite ou contactez-moi pour bénéficier d’une première séance gratuite. Ce sera l’occasion de faire le point sur votre situation et d’envisager si vous le souhaitez, que je vous accompagne pour une session de coaching.

Une vidéo :
Le sujet, la différence et l’affirmation de soi que je vous invite à regarder, et à partager avec vos enfants.
Le zèbre


Suggestion de lecture :

Christelle Petitcollin
S’affirmer et oser dire non
Jouvence – 2017

Frédéric Fanget
Affirmez-vous
Odile Jacob – 2011
Disponible en version numérique

Christophe André
Imparfaits, libres et heureux
Odile Jacob Poches – 2009
Disponible en version numérique

Cerveau et psycho
Oser se faire confiance
Numéro 82, novembre 2016

À lire également, mes autres articles :
Se connaître
S’accepter
Être honnête avec soi-même
Faire taire le critique intérieur
Accepter l’idée de l’échec
S’affirmer
Être empathique

Je ne suis pas responsable des émotions des autres
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